Paris n’est pas un décor.
Pendant des années, j’ai accompagné des visiteurs à travers cette ville.
Pas pour la montrer.
Pour leur apprendre à la lire.
J’étais, comme on le dit professionnellement « dans le tourisme ».
J’ai travaillé sur le terrain, au contact direct de « mes touristes » et de ce que Paris est réellement.
Et mon travail a toujours commencé au même endroit :
Dans l’écart entre l’image et le réel.
Certains arrivent inquiets, chargés de récits construits à distance et/ou depuis une réalité compliquée, chargée, parfois brutale.
D’autres arrivent fascinés, avec une vision idéalisée et projettent sur leur séjour à Paris cette parenthèse enchantée qui saura les détendre, les élever.
Dans les deux cas, il y a un décalage.
Expliquer.
Contextualiser.
Rétablir une forme de justesse tout en guidant, organisant séjours, prestations, expériences touristiques sur mesure, pour des individuels, pour des groupes.
Sublimer, promouvoir, révéler Paris à cette clientèle toujours plus avide d’enchantement.
C’est ce que j’ai fait pendant plusieurs années.
Puis quelque chose a changé.
Le surtourisme.
La mise en scène permanente.
La transformation progressive de la ville en décor consommable.
Le sens s’est déplacé.
Paris est devenue, en grande partie, un produit.
Un espace saturé, sur-exploité, concurrencé de toutes parts, où l’image a souvent pris le pas sur le fond.
Puis la dégradation des grands sites touristiques, des classiques par la gestion calamiteuse de la municipalité en place.
Et en parallèle, le contexte autour de cette activité a lui aussi évolué.
Des équilibres internationaux plus fragiles.
Les crises sanitaires et autres défis auquel le monde du tourisme est perpétuellement confronté.
Les visions et idéologies conçues autour de « la ville du quart d’heure ».
Les perceptions du monde qui se tendent, se déforment, se radicalisent.
Tout cela a des effets très concrets, sur le terrain, dans la manière dont les gens arrivent, regardent, comprennent ou ne comprennent plus.
Puis en Mars 2026, l’espoir de pouvoir changer les choses.
Alors sans hésiter, je me suis engagée.
Concrètement.
Au cœur même de la campagne pour Paris.
Pour agir sur la ville, sur ses choix et ses orientations.
Le résultat est là.
Et il ne correspond pas à ce que je peux défendre aujourd’hui.
Alors j’ai fait un choix.
Pas par lassitude.
Par cohérence.
Arrêter de guider.
Ne plus “vendre Paris”.
Non pas pour me retirer.
Mais pour me repositionner.
Je n’ai plus envie de simplifier.
Ni d’esthétiser.
Ni de participer à une version lissée d’une réalité qui ne l’est pas.
Ce site reste.
Mais il change de nature.
C’est un espace d’écriture.
Mais pas seulement.
C’est un lieu d’analyse.
De lecture du réel.
De mise en perspective.
Un point d’appui pour celles et ceux qui cherchent à comprendre ce qui ne se voit pas immédiatement :
les usages, les codes, les rythmes,
et la manière dont une société fonctionne de l’intérieur.
Paris n’est pas une destination.
C’est une société en mouvement.
Et c’est à partir de là que je travaille désormais.
Ce regard peut s’appliquer, concrètement, à des projets, des collaborations ou des contextes qui nécessitent une lecture précise du réel.
